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Christian Fazzino. Star accessible

Christian Fazzino. Star accessible

il y a 1 semaine

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Christian Fazzino. Star accessible

Sa passion de la pétanque est intacte, il lui a dédié une partie de sa vie. Christian Fazzino est l'une des stars du premier National de Brest, ce week-end. À 61 ans et avec un palmarès long comme le bras, le Montluçonnais reste nature. Et parle avec amour de son sport, heureux aussi de le voir aujourd'hui plus médiatisé. En attendant les Jeux Olympiques ?

« C'est Fazzino, c'est Fazzino ! » En une grosse poignée de secondes, le rang des spectateurs triple devant le terrain 60 du Parc de Penfeld. On est sur la pointe des pieds. Christian Fazzino, casquette vissée sur la tête, et ses deux compères sont à l'oeuvre. Une partie qu'ils boucleront 13-2 devant La Turballe. Vite emballé, avec une prestation très zen, feutrée, du champion français, axée sur un jeu maîtrisé, précis. Un régal pour les yeux de ses nombreux admirateurs, épatés. Le Montluçonnais, électricien dans la « vraie vie », a lancé sa première boule à 7 ans sur le trottoir, devant chez lui. Il n'impressionne pas par son gabarit (1,70 m pour 70 kg) ou le ton de sa voix, posé, réfléchi. Vraiment pas un mot plus haut que l'autre. Son palmarès, part contre, fait du bruit : multititré à 61 ans, Christian Fazzino n'en perd pas sa modestie, lestée pourtant d'une carrière exceptionnelle.

L'ambiance de Brest

 

Il avait déjà participé au tournoi national de Kerlouan, mais c'est la première fois qu'il joue à Brest. Se prêtant sans souci à la photo ou la prise de selfies avec ses nombreux groupies, il apprécie l'ambiance zef. « C'est une très belle organisation, et un plaisir de jouer ici. Il y a une bonne ambiance, un bon niveau, et surtout du respect. Ce n'est pas toujours le cas dans le sud de la France, où parfois c'est plus que chaud, avec de l'agressivité. Pendant longtemps, je n'y allais plus. Non, ça, ce n'est pas la pétanque. » Depuis plus de 50 ans, la passion de la pétanque guide Fazzino, brûle toujours en lui. Elle lui permet de tutoyer encore les sommets à son âge plus que respectable pour un champion. Mais, pour durer au haut niveau, il faut s'entretenir. « Oui, la longévité ça s'entretient. Il faut une bonne hygiène de vie et de l'entraînement. Ainsi, le vélo me permet de garder des jambes résistantes, indispensables à la pétanque. Le travail mental compte aussi avec un peu de don naturel et d'adresse travaillée et entretenue ». On veut bien le croire. D'autant plus au poste de « milieu », crucial quand il faut placer une boule, en priorité, mais aussi tirer, à l'occasion : « C'est un poste polyvalent, le plus difficile, où il faut être bien dans sa tête, calme, savoir attendre son heure, gérer les moments difficiles. C'était souvent mon rôle dans les grosses parties. Il y a des responsabilités ». Qu'il a toujours su endosser au moment crucial...

 

« Je le savoure »

 

Quand ils arrivent, il accueille les honneurs sans fanfaronner, même s'ils lui font plaisir, quand même. Ainsi celui de « joueur du siècle » ? « C'est un peu la cerise sur le gâteau, n'est-ce pas ? Celui-là, au moins, on ne pourra pas me le piquer, comme un titre de champion de France, par exemple, remis en jeu tous les ans. Je prends ça comme la consécration de ma carrière. Il faudra attendre l'autre siècle maintenant pour en trouver un autre ! Donc, je le savoure... » S'il adore son sport, il reste partagé sur son évolution. Par contre, la meilleure exposition médiatique trouve un intérêt à ses yeux : « Le fait d'être télévisé, en particulier, est intéressant, il ne faut pas le nier. Là, sur l'écran, on voit vraiment que la pétanque est devenue un vrai sport, loin de l'image d'Epinal du verre de pastis au coin d'un platane, à Marseille. Il était temps ». Reste à atteindre le Graal, la consécration olympique, évoquée sérieusement pour 2024, à Paris. « Bon, pour moi, je n'y pense pas, c'est trop loin. Mais pour la discipline, ce serait vraiment super, un vrai coup d'accélérateur. Les instances doivent vraiment tout faire pour ça. » Sport olympique, c'est une chose, mais la pétanque peut-elle devenir professionnelle ? « Moi, je n'ai pas vécu de la pétanque. J'avais un métier à côté qui me satisfaisait pleinement. J'ai bénéficié d'avantages de la ville de Montluçon, qui m'a fait confiance. En retour, elle a eu un retour de pub, de part ma carrière. Mais, dans les années futures non, je ne vois pas la pétanque aller vers un professionnalisme. Il y aurait une trop grosse organisation à mettre en place derrière. On n'y est pas. »

Moins de phénomènes

 

Pas de pros à l'horizon, donc. Mais des grands joueurs, il en a cotoyés, en cotoie encore : Quintais, Suchaud, « un peu notre poulain qu'on a lancé. Didier Choupay aussi : à sa grande époque, quand nous avons été doubles champions du monde, il était un joueur hors normes, un véritable phénomène au carreau. Mais les circonstances professionnelles de la vie ont fait qu'il a arrêté ». Des extraterrestres de la pétanque qui, en général, se respectent, même si « quelques-uns, comme dans tous les sports je crois, sont plus prétentieux. Moi, je prends la pétanque comme un sport. J'y joue sérieusement, bien sûr. Mais c'est la passion et non l'ambition qui a bâti ma carrière ». D'une manière générale, aujourd'hui, « les équipes qui se montent sont de plus en plus fortes et très complètes. Mais c'est dommage qu'il y ait moins de joueurs hors normes, moins de phénomènes individuels qu'avant. Comme sur d'autres terrains, ce sont ce genre de personnages qui font la particularité d'une discipline, son succès aussi. Mais ces équipes se défont parfois rapidement, car les contrats avec les sponsors sont passés par là ». Et nombreux cèdent aux sirènes... Lucide et sage, le phénomène Fazzino reste plus que jamais dans le coup. Pourtant, il se fixe, quand même, une limite. Enfin, presque... « À la vérité, je ne l'ai pas encore vraiment définie, mais rester encore cinq ans au haut niveau, ce serait super. J'ai toujours quelques objectifs comme les Masters, ou le France vétérans maintenant, c'est assez sympa. Ensuite ? Un titre de sélectionneur, je ne serais pas contre pour viser, à l'encadrement cette fois, un nouveau titre de champion du monde ». Annonce passée...

Bravo les filles

 

Une évidence enfin, comme un constat qui crève les yeux à Penfeld : la parité en prend un sacré coup, tant côté public que participants. La pétanque, quasi exclusivement masculine, n'est donc pas une légende ? Pourtant, les choses avancent : récemment une jeune Bretonne, Caroline Bourriaud, est devenue championne du monde par équipes. Elle aussi avait débuté à 7 ans... comme le Montluçonnais. Le signe d'un destin similaire ? « Oui, ce titre, c'est une excellente chose, bien que, je l'avoue, je ne regarde pas trop du côté féminin. Je sais qu'il y a beaucoup de filles qui, aujourd'hui, jouent bien et sont très adroites, qualité majeure dans notre sport. Donc, ce titre de championnes du monde, c'est rare et très encourageant. Il faut, évidemment, les féliciter et les encourager à persévérer. » Sa galanterie a fait carreau sur ce coup-là : l'ouverture d'esprit, comme un ultime atout dans le jeu de Christian Fazzino.

Christian Fazzino exécute le geste parfait du « milieu ». Le Montluconnais est l'une des têtes d'affiche du Mondial de Brest ce week-end.
 

© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/petanque/christian-fazzino-star-accessible-03-12-2017

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